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le boom du leasing profite aux assureurs

le boom du leasing profite aux assureurs

Être propriétaire de sa propre voiture attire de moins en moins les Français, qui préfèrent désormais le financement par leasing. Deux solutions s’offrent à eux : la location avec option d’achat (LOA) et la location longue durée (LLD), qui font une réelle percée chez les automobilistes. D’après les chiffres du cabinet C-Ways, le leasing n’a cessé de progresser en dix ans : de 11 % en 2012, il est passé à 35 % en 2018, à 42 % en 2020, pour atteindre 47,2 % des financements par les particuliers pour leurs achats de voitures neuves en 2021. « Cette mutation s’est opérée en premier lieu sur le financement des véhicules neufs, mais elle concerne depuis peu le marché de l’occasion, d’autant plus avec les difficultés rencontrées sur le marché des véhicules neufs », explique Jean-Paul Ménagé, directeur général délégué de Socram Banque, groupe bancaire détenu par Macif (33,72 %), BPCE (33,42 %), Maif (20 %) et d’autres mutuelles d’assurance.

Un marché en plein essor

Le leasing représentait à lui seul 17 % des financements de voitures de particuliers de seconde main l’an dernier, soit un marché de 4,5 Md€ au total. « Le leasing augmente significativement. La LOA permet d’acheter le véhicule au terme du contrat, même si en réalité, très peu de personnes le rachètent. Les clients ont une certaine marge de manœuvre et de liberté. Quant aux contrats de LLD, ils restent en général réservés aux professionnels, décrypte Christophe Angoulvant, associé au cabinet de conseil Roland Berger, car les professionnels ont aussi un intérêt dans le leasing. En effet, ils peuvent intégrer le loyer dans leurs charges professionnelles. C’est un marché qui est en croissance de 20 % par an. » Le phénomène est tel que Socram a décidé de lancer une offre en LOA : « Afin d’accompagner l’évolution des modes de consommation des Français, nous avons travaillé avec l’une de nos mutuelles partenaires sur une offre en LOA que nous comptons lancer au deuxième semestre 2022. Celle-ci se concentrera d’abord sur le neuf, puis sur l’occasion, et aura vocation à être distribuée en physique et à distance (téléphone et web) », détaille Jean-Paul Ménagé.

47,2 %

La part de voitures neuves de particuliers financées par le leasing en France en 2021 (Source : cabinet C-Ways)

 

Les assureurs auto comp­tent bien profiter de cette mutation du rapport à la voiture des Français. Or, paradoxe, la plupart des contrats en leasing n’embarquent pas automatiquement l’assurance. « Certains ont essayé de l’intégrer, mais ils ont abandonné l’idée très vite », souligne Christophe Angoulvant. En effet, l’assurance auto est d’abord un produit comportemental. La tarification est difficilement standard pour tous les clients. Il faut tenir compte de critères tels que le bonus-malus, propre à chaque conducteur. À l’instar de Socram, les offres de leasing intègrent rarement l’assurance automobile : « L’assurance auto de notre partenaire ne sera pas en inclusion, mais nous la proposerons systématiquement en option », confirme Jean-Paul Ménagé.

Même son de cloche chez le constructeur Renault : « Nos clients leasing, particuliers ou professionnels, sont libres de choisir de bénéficier ou non de notre offre d’assurance automobile [avec Groupama, ndlr]. Elle leur est proposée systématiquement en option. L’offre s’adapte aux besoins du client : tiers, tiers étendu ou assurance tous risques, le client choisit son niveau de couverture. » Charge aux commerciaux en concessions d’orienter les clients vers l’assurance proposée : « En matière d’assurance automobile, nos vendeurs ne sont que des indicateurs d’affaires. Ils ne peuvent ni vendre ni parler du contenu d’une prestation d’assurance, mais ils peuvent mettre le client en relation avec notre plateforme », souligne Laurent Aubineau, directeur général de PSA Banque France-Credipar, qui revendique un portefeuille de plus de 90 000 véhicules couverts par Axa, leur partenaire, dont la grande majorité se fait sur la technique de LOA. « En 2021, nous avons eu 35 % de mise en relation des clients avec nos plateformes pour un taux de concrétisation de 20 %. à l’arrivée, le taux de pénétration atteint de 6 à 7 % sur immatriculations », se félicite Laurent Aubineau.

LOA et LLD, deux modes de location à ne pas confondre

La location avec option d’achat (LOA) consiste à louer une voiture pendant une durée déterminée en laissant la possibilité au client de la racheter à terme. Si cette option est activée, le prix de rachat, fixé dès la signature du contrat, est diminué du montant des loyers mensuels qui ont été versés. La LOA, qui est un crédit à la consommation, représente 80 % des crédits contractés pour l’achat d’une voiture neuve. Très peu d’automobilistes exercent l’option d’achat à échéance. De son côté, la location longue durée (LLD), à la différence de la LOA, n’offre pas de possibilité de rachat à la fin du contrat. La durée de location de la LLD oscille en moyenne de 24 à 48 mois. On la rencontre plus souvent pour les flottes auto.

 

Les clients qui optent pour la LOA souscrivent donc relativement peu l’assurance auto mise en avant par le constructeur. « Ils achètent l’assurance auto ailleurs, principalement pour des raisons de prix. Ces dernières sont plus chères lorsqu’elles sont proposées en option, en raison des coûts d’intermédiation (distribution et gestion) plus élevés », affirme Christophe Angoulvant. Les automobilistes en leasing font souvent jouer la concurrence et compa­rent.

Choisir en confiance

L’an dernier, 4,23 % des internautes ayant effectué une recherche d’assurance étaient en LOA, selon le compa­rateur Lesfurets. Dans 70% des cas, il s’agissait d’une voiture en remplacement d’une autre. à qui profite donc la vague de leasing ? Aux assureurs « sortants » d’abord. Les automobilistes en LOA, lorsqu’ils étaient auparavant assurés pour un précédent véhicule, ont tendance à souscrire auprès du même assureur lorsque la relation client n’a pas été écornée. Aux agents généraux ensuite. Thierry Heim, agent général Axa à Montigny-lès-Metz (57), constate que ses « clients en portefeuille préfèrent prendre l’assurance auto en agence. Pour le moment, cela représente moins de 5 % de mon portefeuille, mais ça ne cesse d’augmenter ». Aux assurtech enfin. Cette tendance est visible chez Leocare : « Sur notre portefeuille de véhicules neufs, 43 % proviennent du leasing. Nous avons constaté des augmentations significatives », explique Christophe Dandois, son PDG. Le fondateur du néo-courtier estime même qu’en deux ans, « la part des véhicules en leasing a progressé de plus de 10 % » dans son portefeuille.

Reste le prix de ces couvertures, très souvent supérieur à celui d’une assurance auto traditionnelle. Selon Christophe Dandois, cette différence tarifaire s’explique par « une sinistralité qui est supérieure d’environ 10 % au reste du portefeuille. Et de poursuivre : Le client n’apporte pas la même attention à un véhicule dont il n’est pas le propriétaire. Il fait donc souvent supporter le poids de l’obligation de remise en état du véhicule en leasing à l’assureur. » Cette sinistralité poserait d’ailleurs « des problèmes en termes de résultats techni­ques » pour le bon équilibre des portefeuilles des assureurs dommages.

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